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    Document publié dans "ILS ETAIENT COMPAGNONS DE LA MUSIQUE de J-J. BLANC publié chez Decal'Age Productions.

    En Février 1946, ceux qui étaient devenus des COMPAGNONS DE LA CHANSON n’entendaient pas poursuivre leur carrière sans interpréter des réussites fortes de leur ancien répertoire comme Perrine était servante. Les autres, toujours COMPAGNONS DE LA MUSIQUE dirigés par LIEBARD, et dont la direction artistique avait été confiée au bras droit de ce dernier : Maurice MEYER, non plus ! Légitimement, ce titre de Perrine appartenait à l’ancien assistant de Joseph SAMSON. Du moins sur le plan de la stricte création et des arrangements réalisés. Mais, les jeunes COMPAGNONS DE LA CHANSON n’entendaient nullement être dépossédés d’un titre qu’ils avaient contribué à faire connaître par leur seul travail.
    Cette période verra les uns et les autres trouver un compromis, mais sans que l’on puisse arriver parallèlement à une interprétation satisfaisante des deux répertoires. Car la frustration sera longtemps présente chez ceux qui sont restés fidèles à leur mentor lyonnais !
    Un article paru dans la Semaine Radiophonique, un organe de presse du spectacle et signé Germaine Ramos reviendra sur cet épisode douloureux. Parlant des COMPAGNONS DE LA CHANSON, les nouveaux COMPAGNONS DE LA MUSIQUE, amers, y préciseront : Ils avaient emporté le répertoire !… Nous ne pouvions plus le chanter… et il faut longtemps pour mettre une chanson en scène ! Plusieurs d’entre nous se découragèrent, quelques-uns tinrent bon… Il nous fallait mettre au point un nouveau répertoire et en même temps, travaillant en province, gagner un peu... Nous avons connu des jours vraiment durs mais nous avons trouvé des amitiés agissantes… à commencer par notre épicier… Une réaction pour le moins surprenante quand on sait qu’un répertoire n’appartient jamais à quelqu’un de particulier. Il est du domaine public et chacun est libre de l’exercer !
    Marc HERRAND aura donc à cet égard la lourde charge de proposer de nouveaux arrangements pour que Perrine puisse survivre à cette brouille et qu’on n’en arrive pas à épiloguer sur l’exercice de ce répertoire prétendument emporté par les uns au détriment des autres. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce sera une véritable réussite tant les jeunes COMPAGNONS DE LA CHANSON réussiront à se démarquer ! Comme le dira un peu plus tard un média, " il nous a manqué quand même la moitié du plaisir que nous avons eu à les voir ! Et Perrine, vous savez, la servante de Monsieur le Curé que son amant bisait en cachette ! Il en a été bien puni, le pauvre. Si vous aviez vu avec quelle rage les rats grasseyants lui ont rrongé l’crrâne, et pis tous les doigts d’pieds ! "


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  • ... Le chef LIEBARD semble parfaitement sûr de lui et maître de la situation... Assentiment immédiat et prévisible de Maurice MEYER et de Jean VERLINE, dérobade de Roger MANSUY. Puis se succèdent les «non» fermes et définitifs, jusqu'au dernier arrivé, Paul CATRIN, qui hésite, rougit et finit par murmurer un : Oui, je reste...
    Ceux d'entre vous qui ont lu le « Nous les Compagnons de la Chanson » d'Hubert LANCELOT savent dans quelles conditions s'est effectuée la scission des COMPAGNONS DE LA CHANSON avec l'ensemble dirigé par Louis LIEBARD les 14 et 15 février 1946... 
    Et s'il avait dû y avoir un neuvième COMPAGNON DE LA CHANSON issu du vivier mis en place par Louis LIEBARD en novembre 1941, cela aurait donc été Paul CATRIN...
    Hélas, lorsque le moment vint de décider si Paul devait rester fidèle ou pas à leur mentor et animateur des COMPAGNONS DE LA MUSIQUE, il fit un choix lourd de conséquences, choisissant de ne pas suivre les huit autres : Jean-Louis JAUBERT, Marc HERRAND, Guy BOURGUIGNON, Jean ALBERT, Hubert LANCELOT, Fred MELLA, Gérard SABBAT et Jo FRACHON.
    Nous avions déjà consacré ici un article à cette passe d'armes inoubliable de fév. 46
    au cours de laquelle le destin de neuf hommes fut bouleversé ! Et sans doute celui de Paul CATRIN encore plus que celui des huit autres car il regretta longtemps cette décision qu'il évoqua en retrouvant Fred MELLA au cours d'un gala quelques décennies plus tard.

    Paul CATRIN que Jean-Jacques BLANC a bien connu pour l'avoir côtoyé au sein d'une chorale iséroise est hélas décédé en 1998, renversé par un chauffard.
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  • Les COMPAGNONS DE LA CHANSON étaient de féroces passionnés du ballond rond et leur passion pour le foot n'avait d'égal que leur implication dans une partie. Nombreux sont ceux qui se souviennent que les poulains de Jean-Louis s'étaient vus proposer d'affronter l'OM d'un dénommé MAGNUSSON en... février 1969 ! Un certain 22 février très exactement !
    On y pensera au moment où se jouent 16èmes et 32èmes de finale de la Coupe de France dont Jean-Louis JAUBERT avait même été en charge du dossier à la Fédération Française de Football dans les années quatre-vingt !
    Sur la Canebière, les plus anciens doivent encore s'en rappeler ! D'autant que dans les années soixante, les occasions de vibrer à Marseille ne faisaient pas encore, du moins régulièrement, partie du décor. Pas encore de coupe aux longues oreilles en vue, ni de coups francs meurtriers à la PLATINI !
    Et ce 22 février-là, les COMPAGNONS DE LA CHANSON, renforcés par le père de Youri (futur champion du monde 1998) un certain Jean DJORKAEFF dit Tchouki et d'un Suédois aux dribbles meurtriers : Roger MAGNUSSON, avaient accepté de rencontrer, pour le plaisir, devant environ trois mille admirateurs des deux formations, un O.M qui jouait déjà les premiers rôles dans ce que Lolo appelait alors comme quelques autres passionnés la PREMIERE DIVISION ! Que de souvenirs que notre ami marseillais Albert PRADAL, bientôt retraîté, vient d'extirper de ses archives personnelles pour notre plus grande joie. On revoit encore sur ce document, dix mois avant sa tragique disparition, notre ami Guy BOURGUIGNON que son petit-fils installé dans les Bouches-du-Rhône reverra avec plaisir, nous en sommes certains !
    Malgré la très mauvaise qualité du document, on y reconnaîtra agenouillés : Jean-Pierre CALVET, Gérard SABBAT, René et Fred MELLA et, debouts : Jean-Louis, Hubert LANCELOT, Guy BOURGUIGNON et Jean BROUSSOLLE posant aux côtés de Jean DJORKAEFF, du gardien ESCALE et de Roger MAGNUSSON. 

    Foot Compagnons c. OM


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  • Lui aussi, a connu Louis Liébard...

    Juin 1990... Marc HERRAND devant Jo FRACHON, Hubert LANCELOT et Gérard SABBAT. Avec, à sa droite Jacques BODOIN et Fred MELLA

     

    On l'a oublié ou la chose est passée inaperçue : l'amuseur public Jacques BODOIN a, lui aussi, connu Louis LIEBARD. Le magicien lyonnais qui nous a quittés la semaine dernière l'avait retenu parmi ses COMPAGNONS DE LA MUSIQUE au même titre que la plupart des COMPAGNONS DE LA CHANSON.
    Celui que le célèbre si j'aurai su, j'aurais pas venu a immortalisé, au même titre que le chien le plus facétieux du PAF : Pollux, ne figurait pas parmi les préférés de LIEBARD. Il lui doit, reconnaît-il pourtant, et comme quelques autres, d'avoir appris à chanter juste mais lorsque ses amis les COMPAGNONS DE LA CHANSON ont rencontré PIAF, il lui a semblé que le temps était venu de mettre un terme à son séjour lyonnais à la Villa du Point du Jour. Six mois d'une expérience intéressante, convient-il encore, lorsqu'il évoque cette période. "C'était une planète spéciale et je ne recherchais pas spécialement une telle ambiance de confessionno-patronage ! 
    Jacques BODOIN ne fera donc pas partie des troupes parties à la conquête de la capitale à l'automne 1945 après que ses amis aient effectué à leur tour leur service militaire au sein du Théâtre des Armées du Général de Lattre de Tassigny. Il n'est cependant jamais bien loin de ce qu'il a vécu comme en témoigne sa présence en juin 1990 rue de Champvert à Lyon au moment où une plaque sera apposée pour que l'on se souvienne qui étaient les COMPAGNONS DE LA MUSIQUE !

     
     


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  • Nouveau saut dans le temps avec cette vidéo significative de la période Louis LIEBARD !
    Margoton va-à-l'iau est servie ici par des prouesses supplémentaires, celles de l'acrobate qu'était notre P'tit Rouquin Jean ALBERT issu, il est vrai, du monde du cirque ! Un véritable bijou qu'il paraît difficile de ne pas retrouver au moment même de la rediffusion de l'hommage au mentor des premiers COMPAGNONS DE LA CHANSON et de la période 1941-1946 !


    Margoton va-t-à l'iau
    envoyé par verclaud

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  • Dans les biographies qui reviennent sur les premiers pas des COMPAGNONS DE LA MUSIQUE, futurs COMPAGNONS DE LA CHANSON, Louis LEBARD, en qualité de mentor du groupe de jeunes, tient évidemment une place prépondérante. Nous l'avons rappelé à l'occasion de sa disparition survenue vendredi 15 janvier 2010. Mais ce serait oublier qu'à ses côtés figuraient aussi des assistants de valeur parmi lesquels Maurice MEYER, Roger HERMANN, un peu plus tard Roger MANSUY et un certain VERLINE, un répétiteur prospecteur aux lunettes à montures en écaille (photo ci-contre) sur lequel l'ouvrage de Jean-Jacques BLANC consacré aux COMPAGNONS DE LA MUSIQUE revient car il aura été l'une des pièces essentielles du dispositif entre 1941 et 1946... 

    Si Jean VERLINE, professeur de mimes et d'instruments, grand spécialiste du chant choral, et comme le confesse Hubert*, pudique, complexé et littéralement habité par la musique a recommandé ce dernier à Louis LIEBARD, il ne faut pas oublier non plus qu'il a sélectionné Marc HERRAND l'invitant à rejoindre Lyon. Apprenant que celui-ci avait permis à sa compagnie de s'illustrer dans le Sud-Ouest, il n'en n'avait d'ailleurs pas fallu davantage. Agé à l'époque de 26 ou 27 ans, et qui possédait à en croire Fred MELLA une belle voix claire, Jean VERLINE faisait du reste partie lui-même des COMPAGNONS DE LA MUSIQUE partis en 1944 à la conquête de Paris qui occupèrent un temps sans lui une maison à Ville-d'Avray. Mais il ne sera pas partie prenante du choix fait par ses jeunes complices de voler de leurs propres ailes et préférera rester fidèle à Louis LIEBARD. Un destin bien singulier donc que celui de Jean VERLINE qui aurait pu être totalement différent s'il était devenu lui aussi COMPAGNON DE LA CHANSON. 

    Nous en profitons pour saluer au passage sa fille Laure-Hélène qui nous avait fait l'amitié de participer à notre rencontre-dédicace de Cran Gevrier en octobre 2008.

    * Nous les Compagnons de la Chanson, H. Lancelot.


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  • Beaucoup rendent hommage depuis hier à Louis LIEBARD qui s'est éteint, rappelons-le ici, vendredi soir 15 janvier !
    C'est notamment le cas du site Internet PURE PEOPLE qui revient également, en nous citant, sur le monument de l'Art Choral avec un grand A et un grand C qu'était Louis LIEBARD, le père des COMPAGNONS DE LA MUSIQUE et des COMPAGNONS DE LA CHANSON.
    Le lien de PURE PEOPLE sur lequel vous pourrez cliquer pour lire cet article de présentation de l'homme, au demeurant très bien fait : 
    http://www.purepeople.com/article/louis-liebard-le-pere-des-compagnons-de-la-musique-et-de-la-chanson-est-mort-il-avait-101-ans_a48224/1

    On notera par la même occasion qu'une cérémonie religieuse se déroulera le jeudi 21 janvier en l'église Sainte-Lucie d'Issy-les-Moulineaux, précédant l'inhumation du défunt le vendredi 22 janvier dans le caveau familial sis à Pontailler-sur-Saône (Côte d'or).


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  • Liébard et son petit

    Le temps aplanit bien des divergences et Marc HERRAND, dans son ouvrage La route enchantée, revient sur ses retrouvailles avec son ancien responsable lyonnais Louis LIEBARD (en photo ci-dessus avec un de ses enfants à Lyon).
    En 1995, écrit Marc dans celui-ci, Yvette et moi profitâmes d'un voyage en Alsace pour passer par Dijon. Nous avions l'intention d'inviter Monsieur et Madame LIEBARD à déjeuner en ville, mais ils ne voulurent rien savoir. Madeleine (LIEBARD) nous régala d'un délicieux rôti de veau à la Dijonnaise, puis nous passâmes l'après-midi à discuter musique et chant choral. Louis LIEBARD, 87 ans, se mit à nous raconter avec enthousiasme les tournées qu'il continuait à faire en France et à travers l'Europe avec sa chorale. Yvette parla de chansons et moi d'orchestres. J'éprouvais un curieux sentiment de dédoublement. La dernière fois que je m'étais trouvé face à Louis LIEBARD, en 1946, je lui faisais part de ma décision de ne pas accepter ses propositions, mais au contraire de faire partie des "dissidents" (COMPAGNONS DE LA MUSIQUE). Ce qui n'alla pas sans heurts ni ressentiment. Aujourd'hui, 49 ans plus tard, il m'avait accepté comme interlocuteur, et nous discutions tranquillement musique comme deux professionnels partageant la même passion.
    Pour Marc, c'est un homme extraordinaire qui vient de disparaître. Il en est touché, car il a, dit-il encore, influencé une partie de sa vie et il lui a permis de la réussir.
    Jean-Louis JAUBERT et Fred MELLA avaient revu également de leur côté leur ancien formateur lyonnais.

    Liébard en avait voulu c'est vrai pendant de longues années à ses bons amis, une expression qu’il aimait à employer les jours de gravité lorsqu'il s'adressait à "ses" jeunes à Lyon Villa du Point du Jour ou sur la fin dans leur résidence de Ville-d'Avray. Lorsque les jeunes COMPAGNONS DE LA CHANSON parviendront à un début de reconnaissance, il ne répondra d’ailleurs pas à leur invitation de se rendre à l’un de leurs spectacles ! Puis, Marc HERRAND fera part de sa démarche dijonnaise à Jean-Louis JAUBERT et Fred MELLA qui, à leur tour, prendront la décision d’écrire à leur ancien formateur.
    Fred aura d'ailleurs l’occasion de retrouver peu de temps après LIEBARD et les deux hommes s’étreindront. Enfin, pourrait-on dire !

    Liébard et Mme Nov 1941 

    Louis LIEBARD et son épouse Madeleine avec Miss PLEDGE lors de l'inauguration du projet (nov. 1941)

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  • Liébard et Comp Musique 1942

    Il est indéniable que Louis LIEBARD (à droite de la photo ci-dessus avec ses premiers COMPAGNONS DE LA MUSIQUE en 1942) décédé vendredi soir appartient à l'histoire des COMPAGNONS DE LA CHANSON dont il aura formé certains des éléments entre octobre 1941 et février 1946 !

    Comme le précise Jean-Jacques BLANC dans son travail sur les COMPAGNONS DE LA MUSIQUE publié fin 2008, c’est avec Maurice MEYER (baryton), Roger HERMANN (basse) et Jean VERLINE (ténor) que LIEBARD a fondé à l’automne 1941 à la Bourse du Travail, Cours Morand à Lyon, le groupe d’expression musicale des Compagnons de France. Il travaillait déjà avec eux depuis quelques mois au sein de l’association : Jeune France. Pourquoi avait-t-il voulu les baptiser ainsi ? Sans doute parce que le vocable Compagnon souvent repris était à la mode en ces temps difficiles de guerre traversés par notre pays. Issu du latin cum panis. Il signifie aussi sur un plan plus littéral : "avec qui l’on partage son pain". En ces temps de disette organisée, cela pouvait presque prêter à sourire car le pain dont se souvient Marc HERRAND (Cf. La route enchantée) était souvent immangeable !
    Fallait-il donc que nos jeunes aient l’estomac dans les talons pour s’en contenter. Quand il s’agit d’évoquer le passé de tous ces garçons et de toutes ces filles, chacun des événements vécus a eu et aura une importance sur l’histoire d’un groupe et d’un homme, Louis LIEBARD, dont chacun mesure aujourd’hui l’influence. Véritable enseignant de chant choral, il avait réussi à inculquer à ses protégés l’harmonie et il avait su leur apprendre à attaquer une chanson tous ensemble sans que personne ne donne un signal perceptible au départ. C’est d’ailleurs indiscutablement celui que tous appelaient "chef" qui est à l’origine de ce "Son Compagnons" qui en ravira par la suite plus d’un parmi leurs nombreux admirateurs. Tant en France qu’ailleurs. Placer les voix de tous ces jeunes au sein de l’espace choral, leur faire travailler le souffle, l’articulation, la justesse du ton, leur apprendre le piano, le saxo, l’accordéon, la clarinette ou la batterie, la guitare et la flûte, rien ne sera laissé de côté dans leur apprentissage ! 

    L’objectif premier que s’était assigné Louis LIEBARD en créant les Compagnons de la Musique était d’enseigner le solfège à des jeunes et de leur faire étudier le chant et l’art scénique dans le cadre d’une expérience communautaire. Il était parti de l’idée qu’ils deviendraient ensuite, eux-mêmes, des enseignants chargés de promouvoir ce qu’on leur avait inculqué. Ne s’agissait-il pas aussi, parallèlement à un objectif d’éducation parfaitement défini par le Gouvernement de Vichy, de réhabiliter les vieux airs folkloriques du pays, et comme l'avait précisé Louis LIEBARD de faire revivre la chanson sans abandonner la tradition ? Il l’avait répété à l’envi, il s’agissait de redonner aux jeunes le désir de chanter de jolies choses tout à fait françaises à la manière française… LIEBARD avait également prévu d’y associer des jeunes filles qui, à l’époque, était encore à l’écart des Chantiers de Jeunesse et voulait faire en sorte de compléter la partie vocale par un jeu de scène visuel et collectif. Tout y sera démultiplié, aussi bien les réactions que les effets.
    C’est cet équilibre recherché entre musique et expression corporelle qui donnera naissance à ce tout nouveau concept de la "chanson animée". Il s’agissait bien de chanson animée et non de chanson mimée, comme on le verra écrit quelquefois ça et là. Il semble d’ailleurs que le terme de "chanson mimée" ait été importé sans doute involontairement du Canada bien après. Et cette imprécision phonétique a pu entraîner une divergence. 
    Mais que sait-on d'autre aujourd'hui à propos de Louis LIEBARD ?… On sait que l’homme avait l’élève de Joseph SAMSON, Maître de Chapelle de la cathédrale de Dijon à partir de 1930. Une rencontre qui le marquera énormément durant ses premières fonctions avant qu’il fonde dès 1933 sa première chorale : La Perdriole. On sait aussi qu’il s’était évadé au début de l’année 1941 d’un train de marchandises en gare de Nancy et, peu de temps après, qu’il était parvenu à gagner Lyon et à y diriger au sein de l’association Jeune France une première équipe d’expression musicale. Créée à l’automne 1940, Montée des Carmélites à Lyon par un certain Pierre SCHAEFFER, Louis LIEBARD en était devenu le responsable du chant choral. Bénéficiait-il de considération et de soutiens haut placés pour conduire de tels projets sans être ennuyé après son évasion ? Rien ne permet de l’affirmer. Après avoir été adjoint du maître de chapelle de la Cathédrale de Dijon, n’était-il pas déjà considéré comme l’un des plus grands spécialistes du chant choral et donc quelqu’un sur lequel on pouvait s’appuyer pour mettre en œuvre un tel projet ? Son statut de militaire, prisonnier non recensé par les autorités allemandes lui avait-il permis cette évasion à Nancy qu’on ira jusqu’à qualifier de spectaculaire ?… Un document retrouvé dans des archives conservées par la fille* de l’une des premières participantes à l’expérience précise que Louis LIEBARD, prisonnier évadé, aurait réalisé cette création sous un nom d’emprunt dès juillet 1941, ce qui explique bien des choses. D’autant qu’on ne demandait aucun justificatif d’identité chez les Compagnons de France en 1941 ! Le nom d’un certain Pierre DALAY, animateur, est effectivement évoqué dans ces archives. 
    Opérationnels après trois mois de travail acharné, les Compagnons de la Musique donnent leurs premiers spectacles dès Mars 1942. Contrairement à ce qui est précisé sur la plaque commémorative apposée rue de Champvert à Lyon, ce n'est donc pas au Printemps 1942 que sont nés les COMPAGNONS (de la MUSIQUE) mais bien à l'automne 1941.
    Ces spectacles étaient déjà composés de chansons françaises, de danses populaires et de suites instrumentales mais leur répertoire se perfectionnera, évoluera et se complètera progressivement. Durant l’été 1942, les COMPAGNONS DE LA MUSIQUE donneront toute une série de représentations dans lesquelles seront introduites des parodies et des fantaisies musicales, donnant à leurs spectacles richesse d’expression et variété de rythme.
    Si les premières recherches entreprises par LIEBARD avaient été vers une vocalité de chacun des chanteurs, les secondes iront vers la polyphonie. Partant d’une base musicale chorale polyphonique, parfois chorégraphique, les Compagnons de la Musique s’attacheront à exprimer fortement mais aussi simplement le caractère scénique particulier de chaque œuvre. Comme l’a affirmé un chroniqueur de l’époque, pour juger de la prestation, il fallait les avoir vu et les avoir entendu au cours d’une séance de travail ou une représentation.
    C’est en juillet 1943 que Fred MELLA rencontrera les Compagnons de la Musique et… LIEBARD que lui présentera le Chef Compagnon Frank GAIGNAIRE. En Ardèche, alors qu’il avait appris l’existence du groupe un an plus tôt ! L’occasion de "monter une gamme" devant le Chef Louis lui vaudra d’être invité à se rendre à Lyon quelques semaines plus tard. Début Septembre Louis LIEBARD accueillera donc Fred MELLA, en qualité de nouveau stagiaire. Cette arrivée changera bien des choses car chacun, jusque là, au sein des Compagnons de la Musique, avait une chance de devenir soliste de l’équipe de représentation. Autant Jean VERLINE, le ténor, que d’autres dont les qualités ne demandaient qu’à s’épanouir davantage… Comble de malchance pour VERLINE, sa peine d’emprisonnement lui vaudra d’abandonner pendant quelques mois Lyon ! Au retour d’une semaine de représentations données en Savoie. Un simple noyau de fruit craché par la fenêtre du compartiment d’un wagon de chemin de fer et atterri sur la tête d’un représentant de l’ordre transalpin aura suffi à le faire arrêter ! Et à le mener en forteresse à Chambéry puis aux Baumettes !
    Chacun le reconnaîtra par la suite, cette arrivée de Fred devenu rapidement l’un des meilleurs éléments, constituera l’événement de cette fin d’année 1943 à la Villa du Point du Jour ! Au même titre que la représentation donnée le mardi 23 novembre par les Compagnons de la Musique au Pathé-Palace de Lyon durant la "Nuit du Cinéma". Elle sera à l'origine de leur sélection pour un gala où ils rencontreront... PIAF !

    * Christine DESSERTENNE


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  • La nouvelle vient de nous parvenir de ses enfants : Louis-Dominique et Béatrice, Louis Liébard, le créateur des COMPAGNONS DE LA MUSIQUE à l'automne 1941 à Lyon, est décédé hier au soir, alors qu'il était âgé de 101 ans !
    Une messe sera dite à l'Eglise Sainte Lucie 162 avenue de Verdun à Issy les Moulineaux (possibilité de parking dans la cour de l'église) le jeudi 21 janvier à 14h30.
    Nous aurons très vite ici, et c'est bien le moins, l'occasion de revenir sur l'homme auquel les COMPAGNONS DE LA CHANSON doivent d'avoir acquis une stature qui leur permettra ensuite trente-neuf années durant d'écrire l'une des plus belles pages de la Chanson française d'après-guerre !


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