• Charles et ses "grands garçons de la chanson"...

    Charles et ses "grands garçons de la chanson"...

    C'est toujours un plaisir d'évoquer Charles TRENET et le lien qui l'unissait aux COMPAGNONS DE LA CHANSON ! Précisons qu'il aura été l'un des premiers auteurs à apporter à l'ensemble des succès qui, aujourd'hui encore, n'ont pas pris une seule ride. Avec cette Chanson de l'ours qui leur permettra de s'appuyer en octobre 1947, aux Etats-Unis, sur une réalisation fort appréciée des Yankees. Et, dès la fin des années 40 sur Mes jeunes années, écrite au Canada lors d'un dîner avec eux arrosé au Cointreau dont raffolait Charles.

    A ce propos, si on connait les enregistrements CD de Mes jeunes années des COMPAGNONS DE LA CHANSON, seuls ou avec les Petits Chanteurs à la Croix de Bois, connaît-on celui avec Charles TRENET ? Peut-être pas. Un enregistrement qu'on retrouve dans le coffret "INTÉGRALE CHARLES TRENET" : "L'âme des poètes" n° 6 distribué par Frémeaux et Associés. Code barre : 3 448960 208628 CD 1 Plage 19
    Si cela vous dit ? Je suis persuadé que vous ne regretterez pas !
     
    Christian FOUINAT

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  • Jean Broussolle et les yéyés...Jean, lui avait un jour demandé Jan MALTAVERNE appartenant à un média belge, est-ce que tu trouves normal de ne pas avoir été balayé par la vague yé-yé ?"

    Ce à quoi Jean BROUSSOLLE avait répondu que ce n'était pas normal, mais qu'il en était très heureux. Et que c'était finalement assez logique car les yé-yés avaient donné une seconde jeunesse aux COMPAGNONS DE LA CHANSON. A cause des ces yé-yés, ils ont donc dû se tenir dans un courant encore plus moderne, dépassant même ce qu'ils avaient apporté eux-mêmes à une autre période. Au point qu'ils ont dû se reconvertir, mais sans que cela soit brutal comme opération. Un exemple parlant : pour la première fois dans l'histoire du groupe, ils ont tenu l'affiche plus de trois mois à Paris, à Bobino très exactement. Ce qui est une sacrée performance !

    Lorsqu'on a voulu savoir comment étaient choisies les chansons, et si cela n'était pas trop délicat pour lui qui avait été l'auteur de nombreuses chansons pour les COMPAGNONS DE LA CHANSON, Jean a répondu qu'ils choisissaient toujours les chansons à neuf. Chacun des COMPAGNONS apportant au jugement des autres le sien, c'est finalement une majorité qui l'emporte. En ce qui le concerne, il a reconnu que c'était très bien comme ça !

    Alors qu'ils étaient en pleine période aznavourienne, il lui a aussi été demandé ce qu'il en pensait. Ce à quoi il a répondu qu'il en pensait beaucoup de bien, tout en reconnaissant qu'ils avaient vendu énormément d'exemplaires de La mamma et que les ventes de Que c'est triste Venise étaient "terribles". Avant d'être auteur, il a reconnu qu'il était avant tout COMPAGNON DE LA CHANSON, soulignant que c'était l'intérêt général qui déterminait son comportement et qu'il en était de même de tous ses camarades. Pour lui, il ne fallait d'ailleurs pas chercher ailleurs quelle était la raison de la longévité de l'ensemble.


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  • Dans quelques jours, cela fera cinquante-deux ans qu'Edith PIAF nous quittait !

    Tous ceux qui aimaient la grande chanteuse auront une fois de plus une pensée pour celle à qui beaucoup doivent une réussite qu'ils n'auraient peut-être pas eue. La liste est longue et les COMPAGNONS DE LA CHANSON en font bien entendu partie. Grâce à un partenariat sur lequel est revenu, à sa façon, Momone* dans un ouvrage publié chez Robert LAFFONT.

    En 1975, à l'occasion des douze ans de sa disparition, ils y avaient pensé en enregistrant ce magnifique hommage à la Grande dame dont il reste cet extrait et dû à l'association Michel MELLA et Pascal DUFAR.

     * Simone BERTHAUT


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  • Les Compagnons de la Chanson avec leur ami québécois Lapointe...Chante-la ta chanson est ici interprétée avec un de leurs amis, le Canadien Jean LAPOINTE dont vous pourrez également visiter la page Facebook en cliquant sur le lien. Vedette reconnue au Québec, Jean s'était fait connaître à l'âge de quinze ans par sa faculté à imiter plusieurs grands noms de la Chanson française comme Félix LECLERC, Gilbert BECAUD, BOURVIL ou Charles TRENET.

    C'est en 1978 que cette chanson qu'il interprète ici avec les COMPAGNONS DE LA CHANSON a connu un véritable succès. Il a été fait Officier de l'Ordre National du Québec en 2006. Si vous voulez en savoir encore plus sur l'homme, nous vous invitons à cliquer sur ce lien.

    A noter le magnifique coup de crayon qui aura permis d'éditer cette pochette de disque où les COMPAGNONS DE LA CHANSON apparaissent plus vrais que nature !


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  • Guy Bourguignon, au four comme au moulin !

     

    Il a beau nous avoir quittés depuis longtemps, mais on ne parvient pas à l'oublier, lui le régisseur et le metteur en scène scrupuleux ! Celui qui supervisait les créations de son ami Jean BROUSSOLLE comme Les perruques ou Les Ecossais dans lesquelles il donnait d'ailleurs toute sa pleine mesure ! C'est grâce à notre ami belge Gilbert DONCQ que nous sommes aujourd'hui en mesure de publier cette caricature amusante de Guy BOURGUIGNON réalisée au tout début des années soixante. Un document qui en intéressera un certain nombre, nous n'en doutons pas !


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  • Henri Betti, un autre grand nom...Peu d'entre nous s'en souviennent et pourtant lorsqu'on évoque des airs comme le célèbre C'est si bon, son nom ressort automatiquement. Eh oui, le Niçois Henri BETTI aura laissé son nom à quelques grandes compositions. Certaines seront chantées ou reprises par les COMPAGNONS DE LA CHANSON dont le non moins célèbre Maître Pierre composé en 1949 avec le concours de Jacques PLANTE pour les paroles.

    Né en 1917 dans une famille modeste et d'abord connu pour avoir accompagné Maurice CHEVALIER qu'il présente souvent comme un initiateur voire un professeur, il lui composera une quarantaine de ses chansons. Une rencontre avec Momo qu'il doit à son ami Roger LUCCHESI. Henri BETTI élargira ensuite un peu la gamme et composera ce légendaire C'est si bon qui lui vaudra de nouer de nouveaux partenariats avec des chanteurs comme Yves MONTAND et Georges GUETARY et l'orchestre de Jacques HELIAN. Malgré une production musicale abondante entre 1949 et 1982, BETTI se consacrera plutôt sur la fin au cinéma et à quelques compositions télévisuelles. Pascal SEVRAN lui rendra un hommage appuyé à deux reprises dans sa Chance aux chansons. La musique du film Cigarettes, whisky et petites pépés avec Eddie CONSTANTINE, sera d'ailleurs de lui ! Celle d'un film de FERNANDEL : Honoré de Marseille également !

    Henri BETTI, qui était interrogé ci-dessus en 1990 sur France 3 et qui n'avait rien perdu de son dynamisme, deviendra également administrateur de la SACEM. Il nous a quittés en 2005.

     


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  • Vivent les yé-yé ! écrivait en Belgique Jan Maltaverne au début des années 60 !Dès qu'il s'agit de parler des COMPAGNONS DE LA CHANSON, écrivait Jan MALTAVERNE en Belgique, on est plongé dans un bien agréable embarras, embarras qui se résume à peu près à ceci : "Que convient-il d'admirer le plus en eux ? Leur talent ? Leur longévité ? L'entente sacrée qui unit ces neuf garçons ? Le parfait de leurs chansons ? Leur comportement sur scène et dans la vie ? Avouez qu'il est difficile de faire son choix ! Si l'on songe à faire une interview, c'est encore plus compliqué : poser les mêmes questions et avoir à publier les réponses, risque d'entraîner loin...

    Dans ce cas plus précis, il est convenu que l'on peut s'adresser, soit au "Big boss" : Jean-Louis JAUBERT (à gauche en photo avec un admirateur canadien), soit à l'auteur-compositeur : Jean BROUSSOLLE. Ce que nous avons fait.

    - Jean-Louis, dans toutes les formules que les journalistes ont employées pour parler de vous, quelle est celle qui vous a exaspéré le plus ?

    - Une qui a été reprise plusieurs fois : "Les COMPAGNONS DE LA CHANSON, la preuve par neuf du succès !"

    - Pourquoi cela ?

    - Parce que l'on n'a jamais fait la preuve de rien lorsque l'on est artiste et surtout pas celle du succès, car le succès est quelque chose de curieux, de problématique...

    - Si je vous demande : Pourquoi est-ce que les COMPAGNONS sont toujours dans le coup ? Que répondrez-vous ?

    - Je répondrai : Parce qu'ils ont tout fait pour ça et ils l'ont fait d'une façon très simple, en restant ce qu'ils étaient à leurs débuts : insouciants, gais et surtout chaque jour un peu plus passionnés par leur tour de chant car le risque que nous courions, c'était naturellement d'être saturés de la scène, du disque. le succès aussi pouvait nous atteindre, il y en a à qui cela ne réussit pas : alors vous nous imaginez comme une hydre géante à neuf grosses têtes ! Il y a aussi que nous avons toujours fait très attention à ce que nous allions enregistrer, mais pour cela, vous devriez bavarder un peu avec Jean.


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  • A la conquête de l'Amérique... (suite)... Ca lui avait bien réussi, avec Paul Meurisse, les fils de banquier ! Elle n'arrêtait pas, j'en avais les oreilles qui bourdonnaient. Le travail qu'Edith a fait pour la mise en scène des Trois cloches n'a pas été ordinaire. Orchestre et grandes orgues ont donné à cette chanson un décor sonore étonnant. Ca flanquait un choc. Il y avait aussi la présence de cette petite bonne femme si simple, devant ces grands gars, tous habillés pareil (chemise blanche, pantalon bleu de nuit, ceinture haute genre smoking, et qui mêlait sa voix de femme qui a vécu à celle de leur jeunesse. C'était une réussite.

    Et bien, malgré ça, ses chers Compagnons ne marchèrent pas à fond. Ils ne faisaient pas confiance à Edith. Ils chantaient bien, mais ils n'étaient pas dans le coup. Ils manquaient de chaleur. C'est Jean Cocteau, une fois de plus, qui en intervenant a changé la vie d'Edith. D'abord, il leur a dit que c'était très beau. Et les gars ont été soufflés. Mieux, il a écrit dans un article : "C'est un plaisir de les entendre et de l'entendre, mêlée à eux, coulée dans leur cloche de bronze et d'or comme une veine d'agate..."

    Le lendemain, les gars étaient décidés à écouter Edith, à suivre ses conseils. Ils n'ont pas eu tort. Les Trois cloches ont été un succès dans tous les pays du monde. La vente du disque en France a dépassé le million. En Amérique où Jean-François Nicot s'est appelé Jimmy Brown et le disque The Jimmy Brown's song, le premier tirage de soixante mille est parti en trois semaines. Pour eux, Edith ne pouvait plus se gourer. Ils avaient compris qu'elle connaissait les bonnes recettes. Ils lui ont fait confiance et leur répertoire a changé. Edith leur a trouvé une chanson d'André Grassi : La Marie. Puis Moulin rouge de Jacques Larue et Georges Auric... Quand les Tois cloches se sont mises à sonner à toute volée pour annoncer la joie de leur réussite, moi, c'était mon glas qu'elles sonnaient... Gagnant et placé dans le cœur d'Edith, Jean-Louis Jaubert a eu droit à la panoplie complète : chaîne, montre et tout le bataclan. Au milieu de tous ces gars qui avaient tous, plus ou moins, des allures de propriétaire, par procuration, moi, j'avais des airs de cousine pauvre qu'on garde par pitié. Et la pitié, la charité, ça ne m'a jamais plu. Pour Edith, j'aurais fait n'importe quoi. Mais ramper devant ces hommes, ça jamais ! Peut-être que si j'étais devenue une sorte de bonne à tout faire, en plus moche, j'aurais pu rester. Aussi, quand Jean-Louis a dit froidement : "Je ne veux pas d'elle", je n'ai pas fait d'histoires. Ce gars-là, il pouvait vivre à neuf mais pas à trois. Je ne lui en veux pas. Pour lui, certainement qu'il avait raison, que j'étais encombrante ; je ne lui plaisais pas. Alors, j'ai laissé la voie libre et je me suis tirée.

    Un peu plus d'un an plus tard, quand je suis revenue auprès d'elle, Edith m'a raconté la suite. "Momone, ces neuf mecs, c'est comme si j'avais eu mon orchestre à moi. Pas un orchestre qui m'accompagne, mais que je conduis. Toutes ces voix qui sont comme des instruments, c'est formidable ! Au début, je me suis marrée à la maison avec eux. On s'entendait bien. C'était comme si j'avais eu des tas de frères pour s'occuper de moi. J'avais jamais vécu avec des gars comme ça. On se faisait des blagues. J'ai pris de ces fous rires à en avoir mal au ventre...

    Comme elle l'avait fait pour Yves, Edith avait chargé Loulou de s'occuper des Compagnons, de les placer avec elle. ils filaient leur tour en première partie. Elle chantait Les trois cloches avec eux. Et ensuite, elle passait en vedette... " On s'est un peu bagarrés et il en a fait à moitié à sa tête, dit-elle. Alors, j'ai fait ma rentrée parisienne en octobre 1946 sans les Compagnons. C'était bien comme ça. Loulou n'avait pas eu tort. Aux Etats-Unis, les Compagnons passent, ça ne marche pas mal. Pour les Trois cloches, on se fait siffler. J'en étais blanche de désespoir. Personne n'avait pris la précaution de me dire qu'aux U.S.A, c'était mieux que des applaudissements ! Pour mon tour, j'avais gardé ma petite robe. première déception pour les Ricains. ils croyaient que je l'avais mise pour faire aussi simple que mes boy-scouts, une sorte de déguisement, quoi ! Pour eux, une vedette, surtout venant de Paris, la capitale du french-cancan, de Tabarin et du lido, ça devait avoir les moyens de se payer de la plume, des paillettes, de la fourrure. J'ai rien d'une pin-up ! A côté de Rita Hayworth ou de Marlène, faut dire que je faisais pauvre. Je te dis pas ça pour que tu sois bien dans l'ambiance, que tu voies le tableau. Les Compagnons, c'étaient des voix. Qu'on les comprenne ou pas, ça n'avait pas d'importance. ils étaient beaux gars - pas des armoires à glace mais un bon gabarit - une belle présentation. Le public n'avait pas à se casser la tête pour comprendre. Il entendait, c'était joli, ça suffisait. Et moi, je m'amène avec ma petite robe noire, courte, ma coiffure sans style, des cheveux - de la couleur de tout le monde - qui n'accrochaient même pas la lumière, une figure pâle. De loin, je faisais blanche. Jamais, je n'avais été aussi désespérée. Jaubert, lui, il pavoisait. De la presse, il aurait pu m'en refiler sans que ça le gêne. Les French Boys plaisaient. Eux, c'était la France saine, les copains des G.I' s qui nous avaient libérés. Tu vois ça d'ici : Marseillaise et bannière étoilée !... J'ai continué quelques soirs, comme ça, sans moral. Puis, j'ai dit aux Compagnons : Les gars, je me tire. Faut pas être entêté dans notre métier. Je ne plais pas. Salut les potes. La tournée, finissez-la sans moi. Pour vous, c'est du billard. Continuez à rouler dessus et bonne chance ! Je reprends le bateau... C'est comme ça que j'ai divorcé des Compagnons, sans histoires."

     

    Extraits de l'ouvrage PIAF de Simone BERTEAUT réédité en 1993 chez Robert LAFFONT


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  • A la conquête de l'Amérique vu par Edith Piaf (1947)Un reportage paru en Belgique dépeint l'atmosphère des années 1946 et 47 se rapportant à des propos qu'aurait tenus PIAF. Mais selon Simone BERTEAUT dite Momone (photo ci-contre). A l'évidence, cette préparation du départ vers l'Amérique a donné lieu à pas mal de mouvement.

    Neuf gars, ça déplace de l'air. Un bonhomme c'est déjà absorbant, mais quand il faut multiplier tout par neuf, ce n'est pas reposant. Ca fatigue un peu. Surtout qu'on ne multiplie pas le plaisir. Ca, il n'y en a qu'un à la fois qui le donne. Quand j'ai vu débarquer toute cette patrouille, avec ses valises, je n'avais pas envie de rigoler. Qu'est-ce qu'on allait avoir comme salades ! Ils habitaient là sans y habiter. Ils avaient un logement en commun, rue de l'Université. Ca allait et venait. Comme toujours avec Edith, couchait là qui voulait. La nouvelle secrétaire, c'était Yvonne (je crois), une petite gentille. Elle avait les yeux qui lui faisaient le tour de la tête, tellement elle était étonnée. Une maison comme celle-là, elle ne connaissait pas. Elle voulait tout voir, tout comprendre en même temps, mais elle n'y arrivait pas.

    ...Edith était parfaitement heureuse. Sa peau rayonnait comme quand elle était amoureuse. Et, dans la salle de bains, ça y allait le bichonnage et les essais de coiffure ! Le soir, on aurait dit qu'on se serrait autour d'un feu de camp. Ils étaient tous assis en rond autour d'Edith. Il n'y avait pas à s'y tromper : la flamme, c'était bien elle. Elle m'avait dit : "Ecoute-les bien. Tu verras, ils ont tous quelque chose à raconter. Je ne sais pas encore ce que je vais faire d'eux. Il faut d'abord que je les connaisse". Cette technique-là avait fait ses preuves.

    En les écoutant, j'ai appris que Fred, le soliste, était instituteur à Annonay. Du même patelin, il y avait René qui était un peintre devenu ténor (on notera au passage que René n'est arrivé dans le groupe qu'en sept. 1950, ce qui montre quelle est la véracité des confessions recueillies auprès de ladite Momone). Jo, toujours du coin, avait des parents qui fabriquaient du papier, ce qui n'avait rien d'étonnant, c'était la ville qui voulait ça. Le rouquin Albert, de Pessac, dans la Gironde, était un acrobate-illusionniste devenu ténor. Marc, le Strasbourgeois, avait fait la classe d'harmonie au Conservatoire. Guy, la basse, avait un père directeur de banque ; comme Jean-Louis Jaubert, Colmarien qui faisait l'Ecole des Hautes Etudes Commerciales et qui voulait devenir footballeur professionnel. Enfin, les Lyonnais Gérard et Hubert auraient dû être commerçants.

    Il n'a pas fallu longtemps à Edith pour les juger à sa façon et, pour elle, ils sont devenus Jo le grand, Guy le sale caractère, Paul le nouveau, Albert la tache de soleil, Gérard le marrant, Marc le pianiste, Fred le soliste, Hubert le beau gars et Jean-Louis le manager. Comme ça Momone, disait-elle, je m'y retrouve... Je vais les transformer. Tu vois, quand ils chantent, ils ont encore des culottes courtes, je vais leur apprendre à porter des pantalons.

    C'était bien ce qui me tracassait. lequel était le futur patron ? Il ne pouvait pas y avoir neuf gars à la maison, tous bien balancés, normalement baraqués, sans qu'il y en ait un qui sorte des rangs pour entrer dans les draps d'Edith. J'allais le savoir très vite. mais avant, j'ai vu Edith ramasser, auprès d'eux, un bide. Les petites parlottes style feu de camp, les bonnes parties de rigolade genre louveteaux, les grosses joies de gamins lâchés dans la nature, ça avait un temps... Alors, Edith s'est mise à leur parler boulot. Après tout, ils étaient là pour ça. "Voilà, votre répertoire, il ne vaut pas grand-chose. Avec ça, vous ne dépasserez pas les scènes de province où on a conservé le goût du patronage ! Ca n'ira pas plus loin. J'ai rien à dire contre vos vieilles chansons françaises : Perrine était servante, c'est très chouette. Mais, vous ne l'entendrez pas sifflée dans la rue par le petit télégraphiste. Et sans ça, il n'y a pas de succès."

    Jean-Louis Jaubert, le manager, ne l'a pas laissée continuer. "Ecoute Edith, la goualante des rues, ce n'est pas pour nous. On n'est pas un chanteur, on est une chorale. Il nous faut des morceaux pour orchestre vocal. Et justement, nous, on n'a pas besoin qu'on nous chante dans les rues. On vient nous entendre comme on va au concert". Après les avoir traités de cons, Edith avait décidé qu'elle les transformerai. Il fallait qu'elle y arrive. Si elle s'entêtait comme ça, c'est qu'il y en avait un à son goût ! En attendant, elle râlait ferme. Du côté métier, ils n'avaient pas la cote... En dix minutes, elle réunit tous les gars. "J'ai trouvé une chanson pour vous. Ecoutez :

    Une cloche sonne, sonne,
    Sa voix d'écho en écho,
    Dit au monde qui s'étonne :
    C'est pour Jean-François Nicot !
    C'est pour accueillir une âme...

    Ils se turent et regardèrent Jean-Louis. Celui-là, il commençait à m'énerver avec ses airs de chef, précisa Momone. "Non, Edith. A aucun prix, c'est une niaiserie". Elle leur proposa alors de la travailler ensemble et de la chanter avec eux. Une proposition que Jean-Louis jugea différente. Je voyais bien ce qu'il y avait de différent. Il y avait le nom d'Edith. Et ça, c'était une sacrée locomotive. Je voyais aussi que Jean-Louis allait être le nouveau patron. Elle me parlait trop de lui et il avait trop de qualités ! L'élu, c'était le chef. j'aurais dû le comprendre tout de suite puisqu'elle avait décidé de les transformer. Chaque fois qu'on était seules, elle démarrait à fond : "Momone, comment le trouves-tu ?... Il n'est pas comme les autres... Il est pur... Tu comprends, il n'a pas de passé, il n'a pas traîné partout... Il chante par idéal... Ca m'a plu qu'il refuse de changer son répertoire, pour rester un musicien parmi les autres... La gloire, il s'en fout. Ce qui compte pour lui, c'est de chanter... Et puis, il est beau... Et on sent que c'est un fils de banquier !"

    A SUIVRE

     


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  • Gaston et ses Compagnons, medley cd extraits 17... par jazzgaston

     

    Il aurait été injuste de ne pas évoquer ici le nouveau groupe de GASTON : GASTON ET SES COMPAGNONS ! Avec sa déclinaison Chanson française très jazz ! Une compilation fort réussie mêlant de très grands succès revisités avec cette touche de jazz dont notre ancien COMPAGNON DE LA CHANSON reste friand.


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