• Son départ des Compagnons : les précisions de Marc Herrand

    Marc HERRAND en bas à gauche, de la personnalité jusque dans les chaussettes !

     

    Dans le portrait que lui a été consacré à l'été 2014, Marc HERRAND revient sur son départ des COMPAGNONS DE LA CHANSON. Conscient que sa démission entraînerait une réorganisation de l’ensemble, Marc HERRAND mit cependant un point d’honneur à faciliter celle-ci. En recopiant par exemple au propre toutes les harmonisations des chansons et en acceptant même de continuer à travailler pour les COMPAGNONS parallèlement aux engagements nouveaux qui étaient les siens aux côtés d’Yvette GIRAUD. Puis en proposant à Jo FRACHON d’apprendre l’accompagnement de Mes jeunes années à la guitare ou en aidant Guy BOURGUIGNON à s’essayer à l’accordéon pour qu’il puisse y faire appel dans Les yeux de ma mère. Sans oublier, un mois plus tard, de faire en sorte que Fred MELLA puisse commencer à donner à sa place le ton sur scène. Il avait d’ailleurs déjà pensé différer son départ à cause du service militaire de Gérard SABBAT.

    Le titre Je crois en toi traduit de l’anglais I believe dû à DRAKE, GRAHAM, SHIRL et TILLMANN démontre d’ailleurs quel était l’état d’esprit de celui qui avait été leur chef de musique au cours de ces premières années si importantes pour eux tous. Avant que Jean BROUSSOLLE en écrive les paroles françaises en 1953 et qu’il en réalise l’adaptation, Jean-Louis JAUBERT viendra d’ailleurs à son domicile de Louveciennes lui demander de les aider à réaliser un nouvel arrangement du succès américain que les COMPAGNONS DE LA CHANSON avaient choisi d’inscrire à leur répertoire. Ce qu’il fera bien volontiers soucieux de montrer quel était son souhait de coopération. Difficile d’être plus élégant !

    Le jeune chef de musique harmonisera par exemple, en mai 1953, un autre titre et acceptera de participer à une nouvelle séance d’enregistrement de Je crois en toi en octobre de la même année, la précédente maquette n’étant pas bonne. Et tout cela, sans jamais être rétribué sur la vente des disques. Au point qu’en mai 1954, il finira par jeter l’éponge, mettant un terme à cette prestation par un télégramme expédié de Beyrouth. Il s'en est expliqué.

    " J’étais blessé, mais pas rancunier, dira Marc. Je me revoyais à Beyrouth en ce mois de mai 1954, repensant à ce qui s’était passé à Lyon au Théâtre des Célestins en 1952, deux ans plus tôt... Je me demandais comment ces mêmes Compagnons, qui m’avaient dit à ce moment-là qu’ils n’avaient plus besoin de moi, considéraient maintenant que c’était tout à fait normal que je continue de leur écrire des harmonisations et que je dirige les séances de mise au point. Alors que j’avais déjà beaucoup de travail comme pianiste et orchestrateur d’Yvette ! La veille de nos retrouvailles aux Célestins, en ce Printemps 1952 Yvette avait dû honorer un contrat à Périgueux et nous avions roulé toute la nuit pour être au rendez-vous prévu le lendemain pour 14 heures à Lyon. Avant de les quitter aux Etats-Unis, j’avais effectivement proposé aux Compagnons de rester avec eux le temps que Jean BROUSSOLLE soit prêt. Or, depuis mon départ de New York, je n’avais plus reçu une seule nouvelle d’eux. A 14 heures, je me rendis donc au théâtre et trouvai les Compagnons sur scène. S’approchant de moi, Guy me dit aussitôt, et sans ménagement, que ce n’était pas la peine que je reste et qu’ils n’avaient plus besoin de moi. Vous imaginez quelle fut ma peine et la surprise qui fut la mienne de devoir encaisser une telle réflexion. Surtout de la part de Guy. Yvette me raisonna, en me disant que les Compagnons étaient encore sous le choc de mon départ et qu’ils me faisaient payer la panique qu’ils avaient ressentie le jour de ma démission deux mois plus tôt. Mais je n’imaginais pas un seul instant que cet ostracisme à mon égard durerait des décennies...".

    Effectivement, en mars 1952, Marc aurait été prêt à faire n’importe quoi pour ne pas paralyser le groupe qu’il avait largement contribué à mettre en place. Et donc, même à chanter avec les Compagnons au Théâtre des Célestins à Lyon à leur retour des Etats-Unis à la place de Jean BROUSSOLLE, si celui-ci n’avait pu être en mesure de se produire après son accident de cheval aux U.S.A ! Puisque cinq soirées de concerts avaient été prévues ! Mais Jean s’était bien intégré à l’équipe à un point tel que l’affiche lyonnaise devint : Première partie : Yvette GIRAUD accompagnée par Marc HERRAND. Deuxième partie : Les COMPAGNONS DE LA CHANSON.

    « Frère entends-tu ?Vénus mon amie... »

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