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    Issu d'une famille très tournée vers la musique au sein de laquelle sa soeur obtiendra un premier prix de solfège et de chant au Conservatoire, c'est le 12 mars 1925 à Plan d'Orgon qu'est né Jean-Pierre CALVET. On peut dire de lui qu'il aura baigné très tôt dans la musique, puisque ses premières vibrations musicales, il les a ressenties dans le ventre de sa mère, tandis qu'elle jouait de la mandoline. Pas étonnant donc qu'à l'âge de neuf ans Jean-Pierre ait joué de la guitare et qu'il se soit mis ensuite au solfège avant, à quatorze ans, de tenter d'apprivoiser le trombone ! Une dernière expérience à laquelle il devra provisoirement renoncer, contraint de se battre contre la tuberculose après avoir un temps intégré l'Orchestre Symphonique de Monte-Carlo. Avant de créer un peu plus tard avec quelques copains son propre ensemble.

    De son appartenance à l’Orchestre symphonique de Monte-Carlo, Jean-Pierre conservera longtemps un sentiment partagé. « Les musiciens qui m’entouraient étaient sans doute des professionnels, confiera-t-il à un de ses amis journaliste, mais ils avaient une véritable mentalité de fonctionnaires. Et j’ai vite préféré les quitter et repartir sur Menton faire de la culture de citrons »

    Fragile devant les épreuves effectives et d'une grande sensibilité, celui qui restera pour beaucoup d'admirateurs des COMPAGNONS le « baladin provençal » a laissé derrière lui une quantité non négligeable d'airs à succès dont le fameux Marchand de bonheur. Il s'y ajoute beaucoup d'autres, qu'on en juge ! Ronde mexicaine, Allez savoir pourquoi, Si tous les oiseaux, L'enfant de bohème, Y'aura toujours, Peggy-o, Là où finit le ciel, Tumbalala, Les amours de demain, Comment va la vie, La petite Julie... La liste est longue tant le talent de Jean-Pierre et sa complicité avec Jean BROUSSOLLE auront éclaté tout au long de ces années fastes où la Chanson Populaire française avait trouvé avec les COMPAGNONS DE LA CHANSON une justesse de ton qui était à l'époque reconnue, même par les plus jeunes. Il suffit pour cela de se remémorer les extraits d'émissions télévisées comme le Tête de bois et tendres années d'Albert Raisner de la fin des années soixante... et de la version du célèbre Yellow submarine emprunté aux BEATLES et repeint en vert par Jean BROUSSOLLE.

    Comme se plaisent encore à le souligner nombre de ceux qui l'ont connu et notamment Annie, sa dernière épouse, rencontrée au moment de la sortie de Ma terre, c'est sur une nappe en papier au cours d'un déjeuner à Haïfa, en Israël, qu'est née le célèbre Marchand de bonheur. Tout simplement parce que la mélodie trottait dans la tête de Jean-Pierre ! Pourtant, s'il faut en croire Fred MELLA, cet air à succès a bien failli ne jamais voir le jour tant il énervait les autres Compagnons ! Du moins au départ avant qu'il devienne numéro 1 en 1959 pendant quelques semaines ! Alors que le titre n'avait été prévu au moment de son enregistrement que pour faire une face B derrière Vénus et La guitare et la mer... 

    Déniché par Jo FRACHON et Hubert LANCELOT dans un bar de Menton où l'ensemble orchestral qu'il animait faisait la joie des estivants, Jean-Pierre CALVET écrira avec Jean BROUSSOLLE l'une des plus belles pages des COMPAGNONS DE LA CHANSON entre 1956 et 1972. Brillant guitariste, également premier prix de trombone au Conservatoire, maîtrisant parfaitement « l'humour piémontais » avé l'accent, cet enfant de Menton et du soleil n'attendait que le départ de Jean ALBERT pour prendre la mesure. Elle sera très vite prise par cet aficionado du solfège au point qu'Edith PIAF disait de lui qu'elle le trouvait "dans la note". Une fois de plus, elle avait vu juste en recommandant aux Compagnons de faire appel au talent de Jean-Pierre après le départ de Jean ALBERT à l'été 1956. Après le départ de Jean BROUSSOLLE, il s'ingéniera avec son nouveau compère GASTON à trouver un prolongement à la créativité de celui-ci. Les deux musiciens enregistreront d'ailleurs un 30 cm sous un nom d'emprunt sans les autres COMPAGNONS. Celui des QUAD ROCKERS (dont la couverture est reproduite ci-dessous). Un travail réalisé en Angleterre avec notre baladin, en dehors de leurs activités chez les Compagnons et durant l'hospitalisation de Fred, avec l'appoint, à leurs côtés, des meilleurs musiciens anglais du moment.

    Malheureusement, Jean-Pierre n'aura pas la possibilité de faire ses adieux avec ses amis en février 1985 à Nogent-sur-Marne. Remplacé la dernière année dès mars 1984 à cause de graves ennuis de santé par Paul MERY, revenu achever sa vie à son domicile parisien de Rocquencourt dans la région parisienne, il décédera peu de temps après d'une terrible maladie laissant un livre témoignage, écrit en collaboration avec Arnaud DESJARDINS : Le baladin et la sagesse, paru aux éditions de la Table Ronde. Un ouvrage dans lequel éclate toute la personnalité de l'homme qui semblait avoir deux visages, comme il l'a laissé entendre dans l'une de ses dernières mélodies : un, la nuit et l'autre la journée. Jean-Louis JOSSERAND, l'un des amis de la tribu MELLA, revient d'ailleurs dans son hommage aux COMPAGNONS DE LA CHANSON, au sein du livre de Christian FOUINAT* sur ce que furent les derniers instants de Jean-Pierre. Notre enfant du soleil est décédé le 16 Février 1989 avec, autour de lui, les Compagnons, sa famille et ceux qui avaient compté pour lui. 

    (*) LES COMPAGNONS DE LA CHANSON : des marchands de bonheur, allez savoir pourquoi !


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  • Au temps de Pierrot par verclaud

    C'était juste après la disparition de Guy ! Au début des années soixante-dix avec un Gérard facétieux comme à son habitude qui distribuait à la caméra deux ou trois de ses mimiques préférées sous l'oeil matois de Jean BROUSSOLLE ! Quelque quarante ans plus tard, Pierrot, n'a pas pris une ride de plus ! Nous, hélas...
    Encore un magnifique travail de l'ami Claude VERRIER pour notre plus grand plaisir ! Merci pour la cause camarade ! 


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  • De la brillante tribu MELLA, ils sont deux, voire même trois avec l'aîné Jean... Et derrière Fred, il y a René, pour beaucoup d'une sympathie sans égal et que l'un d'entre nous, l'ami Roger a même baptisé : « Monsieur qu'il fait bon vivre ». Toujours prêt à rire, il faut dire que les plaisanteries en piémontais de Jean-Pierre CALVET l'amusaient au plus haut point, d'autant qu'en dehors de son frère, les autres COMPAGNONS DE LA CHANSON ne les comprenaient pas ! Même notre ami Gérard SABBAT !
    Mais qui est exactement l'homme qui dans un mémorable Si ça vous chante de Guy LUX s'était vu puni par Guy LUX pour avoir confondu l'intro musicale d'Allez savoir pourquoi avec celle du Marchand de bonheur ?
    Né le 6 juin 1926 à Annonay en Ardèche, tout comme Fred, ce n'est qu'en septembre 1950 que René a rejoint les COMPAGNONS DE LA CHANSON appelé à la rescousse d'Angleterre par son frère juste après le départ de Paul BUISSONNEAU. Excellent musicien - et il n'a pendant longtemps rien perdu de ses qualités au sein des COPAINS D'ACCORD avec lesquels il joue encore, car dans la famille MELLA tout est affaire de passion - il n'aura guère fallu de temps au "frangin de la voix des Compagnons" pour apprendre à faire face aux impératifs du groupe. Il aura même été jusqu'à affréter un bateau pour se rompre, au large d'un brin de mer, aux rudiments du cor de chasse. Avant, en 1956, de reprendre à son compte la prestation à la barre fixe de Jean ALBERT dans l'un des sketches : Le cirque.
    Devenu « l'homme à tout faire » des COMPAGNONS DE LA CHANSON, grand responsable des chemises en parfait petit homme d'intérieur, toujours prêt à apprendre à jouer d'un nouvel instrument pour les besoins de la cause, ses compétences couvraient un large domaine allant de la guitare à la clarinette en passant par la cornemuse et le hautbois. C'est dire ! Il vient de nous en donner une nouvelle illustration avec son dernier CD enregistré en solo voici quelques mois avec ses COPAINS D'ACCORD où, dans Le Ménestrel et quelques autres jolies compositions éclate tout son talent. Vous avez la possibilité d'en écouter quelques notes sur le site musical de notre ami Claude VERRIER (voir nos liens).
    Les fidèles l'ont revu en octobre 2008 avec plaisir à Châteaurenard (13) où il donnait un concert avec son ami GASTON et à l'Olympia où Fred lui avait demandé avec son ami GASTON de venir sur scène rappeler au public quelques moments privilégiés.


    Le jour des ses quatre-vingt-ans, en compagnie de son frère Fred, de Gaston et de Jean-Louis Josserand, l'ami de la famille qui lui a rendu un hommage appuyé lors d'une conférence à Uzès. C'était en 2006 !


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  • Jean Broussolle, l'autre atout charmeNé à Saint-Vallier dans la Drôme le 15 décembre 1920, c'était, avec Fred, l'autre charmeur du groupe et, de l'avis de son ami Hubert LANCELOT avec lequel il était très lié, personne n'y résistait. 

    Enjôleur, spirituel, quelquefois anxieux et pessimiste, auteur-compositeur de talent, perfectionniste intraitable et travailleur acharné, parfois chanteur en soutien de Fred, Jean BROUSSOLLE savait tout faire : arrangements, créations, valorisations d'airs déjà connus... Licencié-es-lettres, excellent musicien, capable de jouer de plusieurs instruments, Jean, qu'Albert BATTEUX, célèbre entraîneur de football des années soixante, avait comparé à un joueur apte, aussi bien à défendre qu'à attaquer, intercepter ou marquer des buts, restera celui qui, avec Jean-Pierre CALVET, aura donné un nouvel élan aux COMPAGNONS DE LA CHANSON. 

    C'est en Mars 1952, au moment même où ils entreprenaient une nouvelle tournée aux Etats-Unis que Marc HERRAND, qui avait lui-même succédé à Louis LIEBARD en Février 1946, a souhaité quitter le groupe. Pour devenir le chef d'orchestre, pianiste et arrangeur d'Yvette GIRAUD dont il s'était épris. Repéré par Jean-Louis JAUBERT au sein d'un orchestre dans le sud de la France quelques mois auparavant, Jean BROUSSOLLE, baryton, fera très vite l'unanimité des suffrages. Mais il faudra cependant attendre 1956 et l'arrivée de Jean-Pierre CALVET pour que la doublette CALVET-BROUSSOLLE s'engage dans une voie nouvelle en adaptant de grands airs souvent issus d'Amérique du Sud comme le Vénus du Brésilien V. de MORAES ou les mélodies de Pete de ANGELIS. Tout le monde est unanime sur un point : les vingt années passées au sein des COMPAGNONS DE LA CHANSON que Jean quittera fin 1972 laissant la place à GASTON, ont laissé une trace, sans aucun doute celle qui caractérise leur deuxième époque, celle de la transition entre la période "chorale" et la période "instrumentale". 

    Profondément épris de liberté et attiré par les chevaux et la Camargue, parolier à succès, il est l'auteur des paroles de titres comme : Alors raconte en collaboration avec Gilbert BECAUD, Le violon de tante Estelle (1955), Gondolier (1957), Guitare et tambourins, Si tu vas à Rio, Mélodie perdue (1958), Le marchand de bonheur, Vénus, Ronde mexicaine, Nathalie s'en va (1959), Allez savoir pourquoi, Bras dessus, bras dessous (1960), Notre concerto, Marin, Si tous les oiseaux, L'enfant de bohème (1961), Le coeur en bandoulière, Le Mexicain, Cheveux fous et lèvres roses (1962), De ville en ville (1963), Des milliers de soldats, Mon espagnole, La Costa BravaTumbalala (1965), Le temps des étudiants (1966), Maria souviens-toi (1967), Le coeur en fête (1970), Merci Satchmo (1971). Ils s'ajoutent à de nombreuses autres créations parmi lesquelles quantités de sketches comme : Gontran, Le violon de tante Estelle, Les tourlourous, Les Ecossais, Les jumelles de marine, Les tyroliens et une opérette comme : Minnie MoustacheSans oublier le Piccolo Saxo dû à une collaboration avec André POPP... Piccolo Saxo, sur cinq CD, est une magnifique invitation faite aux jeunes enfants de découvrir l'univers de la musique sur une orchestration d'André POPP. Les instruments ont pris le temps d'un conte la parole pour entraîner avec eux tout un public dans de merveilleuses histoires où toute la poésie de Jean BROUSSOLLE transparaît dans des textes joliment écrits. L'histoire contée par le regretté François PERIER ajoute à la magie de ce travail qui a dû ravir nombre de gamins en culottes courtes ! 

    Le temps des étudiants écrite en 1966 est une chanson autobiographique car ce temps-là, c'était aussi celui de la jeunesse de Jean BROUSSOLLE. Avant d'être débauché par Jean-Louis JAUBERT dans un orchestre en province, notre talentueux arrangeur avait pas mal écumé le Paris de la nuit et traîné du Tabou à la Rose rouge. Voire à la terrasse du Flore ou à celle des Deux magotspendant la journée. Eh oui, c'était un temps où la jeunesse d'après guerre découvrait le jazz "New Orleans" de Claude LUTER dans les caves enfumées de Saint-Germain des Prés. Avec cette chanson, Jean rappelait opportunément, non aux jeunes mais aux parents, qu'ils avaient eu, eux aussi, les cheveux un peu trop longs et que le boogie woogie avait lui-même succédé au charleston, lequel venait de prendre la suite du fox-trot !

    En 1973 et 1974, après avoir quitté les Compagnons, Jean BROUSSOLLE aura l'occasion de proposer son talent à d'autres grands interprètes comme Sacha DISTEL. Et du talent, il en avait. Il suffit pour s'en convaincre de relire avec plaisir les quelques lignes ci-après qu'il avait écrites* à propos du Compagnon de la Chanson en tournée, vu par lui-même. C'était et c'est toujours un sommet de drôlerie. Les quelques extraits repris ci-dessous le montrent. A noter que l'ensemble de cette oeuvre est parue dans l'ouvrage hommage de Christian FOUINAT sorti en décembre 2007 et que vous pouvez toujours vous procurer, soit chez votre libraire habituel, soit en passant directement une commande chez DECAL'AGE PRODUCTIONS Editions. 

    Jean BROUSSOLLE nous a quittés le 22 mars 1984 aux premiers jours d'un printemps féroce et repose aux Baux-de-Provence sous ce soleil qu'il aimait tant.

    (*) « ...Quelquefois, le Compagnon, prévoyant par nature, instruit de la renommée culinaire d’un Chef qui a bien voulu lui assurer le couvert après le spectacle, pousse l’hypocrisie jusqu’à inviter ce dernier à la représentation, afin d’être bien sûr qu’il ne s’endormira pas dans ses sauces en l’attendant. Mieux vaut le voir dormir au spectacle, on est sûr qu’on le tient…
    Car le Compagnon qui vient de chanter a faim. Et un Compagnon qui a faim est un affamé comme le Compagnon qui a soif est un chameau altéré par six mois de désert. Le Compagnon boit peu, mais il veut être le premier à boire comme il veut être le premier à manger.
    Alors, malheur au garçon de restaurant qui le sert, s’il n’a pas l’esprit et le geste vifs. Il risque la dépression nerveuse. Mais s’il sort vainqueur de l’épreuve, il est de santé robuste et doit courir en toute logique, et indoor, le cent mètres en onze secondes…»


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    Hubert, avec Fred

    Né le 11 septembre 1923, fidèle parmi les fidèles de la première heure avec Jean-Louis JAUBERT, Fred MELLA, Jo FRACHON et Gérard SABBAT au sein des COMPAGNONS DE LA MUSIQUE, Hubert LANCELOT était chargé au sein des Compagnons des rapports de tournée et de l'organisation du groupe. Recommandé à Louis LIEBARD par le moniteur de chant Jean VERLINE, c’est pour se soustraire au Service du travail Obligatoire (le STO) qu’Henri, son premier prénom, a dû changer de prénom pendant la guerre et prendre celui d’Hubert qui lui est ensuite resté. 
    Ce fils d'entrepreneur, issu du monde de la soierie, mêlait aussi à l'ensemble de ses autres compétences un certain talent culinaire qu'il devait tenir de ses origines lyonnaises. Cela pour le plus grand plaisir de ses autres partenaires. Ce qui n'empêchait pas cet ancien chef scout de la colline de Fourvières de commettre un certain nombre de maladresses et de passer parfois pour un « rêveur » auquel il arrivait même en scène de renverser le matériel et les instruments avec une savante nonchalance. Ce qui le rendait encore plus sympathique aux yeux de ceux qui aimaient les COMPAGNONS DE LA CHANSON. Jeune premier de la troupe, il n'en conservait pas moins les faveurs de la gent féminine et si, très vite, il a trouvé à se marier, c'est aussi parce que Mireille COUTELEN, la mimi des Compagnons, "Compagnonne" des débuts, avait joint sa jolie voix à toutes les autres aux premiers instants des COMPAGNONS DE LA MUSIQUE de Louis LIEBARD et qu'elle avait choisi dès son ultimatum lancé en février 1946 de rester avec Hubert.

    Doté d'une voix de baryton et d'un très joli timbre vocal, Hubert était aussi entre deux parties de tennis un redoutable joueur de cartes auquel on doit aussi en qualité de chroniqueur un «Nous les Compagnons de la Chanson» publié en 1989 chez Aubier/Archimbaud. Un livre référence plein d'émotion. C'est sans doute l'un ses seuls ouvrages Compagnons qui évoque aussi, avec beaucoup de pudeur, leur séparation et les derniers instants o combien difficiles vécus par certains d'entre eux sans oublier… ce trac des rentrées qui menace l’estomac du chanteur comme la crampe le côté droit du coureur !

    D’Hubert, qui nous a quittés le 8 mars 1995 décédé d'une leucémie et qui était membre de l’Association des Amis d’Edith PIAF, il reste aujourd'hui un témoignage laissé à l’attention des siens, une sorte d’homélie que nous vous livrons avec l'accord de ses filles. Quelques mots touchants pour tous ceux qu'il aimait… 
    « La mort n’est rien. Je suis seulement passé dans la pièce d’à côté. Je suis moi, vous êtes vous. Ce que nous étions les uns pour les autres, nous le sommes toujours. Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours donné. Parlez de moi comme vous l’avez toujours fait. N’employez pas un ton différent, ne prenez pas un air solennel et tristeContinuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble. Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi. Que mon nom soit prononcé comme il l’a toujours été, sans emphase d’aucune sorte, sans une trace d’ombre. La vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifié. Elle est ce qu’elle a toujours été. Le fil n’est pas coupé. Pourquoi serais-je hors de votre pensée simplement parce que je suis hors de votre vue ? Je
     vous attends, je ne suis pas loin, juste de l’autre côté du chemin. Vous voyez, tout est bien.» 
    Un témoignage qui montre la grandeur d’âme de l’auteur de "Nous les Compagnons de la Chanson" auquel ses deux filles Dominique (conceptrice de programmes de divertissement sur TF1) et Olivia (actrice) avaient voulu répondre alternativement par ces quelques mots le jour des obsèques : 
    « Papa, on a eu la chance d’être près de toi pendant tous ces mois où tu t’es bagarré pour rester le plus longtemps possible avec nous. Ton courage, ta dignité, ton amour de la vie et ta lucidité nous ont fait grandir pour toujours. 
    Voilà, aujourd’hui tu es parti mais tu nous laisses tant de souvenirs… Il y a ceux que nous partageons avec le public… Cette façon de bondir en scène dans la lumière que, toutes petites, nous recevions comme un cadeau qui nous était destiné particulièrement. Ce plaisir de chanter, de jouer, de donner aux autres de quoi rêver, c’est toi, c’est vous ses Compagnons qui nous l’avez transmis. Et puis, pour nous, derrière le rideau de scène, il y avait la fierté d’être les filles de ce papa-là, si beau, le plus beau, si gai, un peu trop souvent absent et d’autant plus attendu… Mais toujours présent et attentif dans les moments importants, avec sa tolérance pour nos incartades, sa générosité, sa pudeur. Bien sûr, il y eut des claquements de porte. Des mots définitifs. Des empoignades philosophico-politiques. Des retours de fête mal accueillis. Tous ces instants désormais évoqués avec des sourires parce qu’ils sont habités de nostalgie… Et puis… Ces petits voyages en tournée, toutes seules avec toi comme des grandes, quand tu faisais un détour pour nous faire visiter un château, une chapelle ou un village… Ces poèmes que tu apprenais pour nous les dire. Tes tentatives désespérées de nous transmettre ton goût du sport. Les parties épiques de cartes à la campagne quand tu n’aimais pas perdre. La complicité et les recettes échangées au-dessus des fourneaux. Toute cette tendresse, cette chaleur, ce plaisir d’être ensemble en famille. Une famille qui nous tient chaud, qui nous tient droite et que vous avez su, Maman et toi, construire et préserver. 
    Aujourd'hui, avec tous ceux que tu aimes, j’espère que tu as retrouvé tes Compagnons… Là-haut, vous êtes maintenant plus nombreux que ceux qui nous restent… Vous allez pouvoir tout recommencer…»
    Beaucoup d’entre nous ont regretté à plus forte raison à Lyon, dans sa ville, qu’Hubert n’ait pas été là le 1er décembre 2007, aux côtés de Gérard, l’autre Lyonnais de la bande, pour assister à notre hommage lors de la sortie de l’ouvrage de Christian FOUINAT. De l'avis de Jean BOEKHOLT, éditeur à Montpellier, sans doute l'un des COMPAGNONS DE LA CHANSON les plus compétents dont le besoin de reconnaissance personnelle passait derrière l'importance du collectif...


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  • Hubert, du théâtre aux Compagnons...

    Hubert, du théâtre aux Compagnons...En repassant en revue ce qu’ont été les premiers coups de cœur de ce Gone bon teint né le 11 septembre 1923 à La Croix Rousse dans la région lyonnaise, on aurait presque oublié dans quelles conditions Hubert LANCELOT avait choisi à l’automne 1942 de rejoindre les premiers COMPAGNONS DE LA MUSIQUE de Louis LIEBARD… Juste après Jean-Louis JAUBERT, Marc HERRAND et le P’tit Rouquin Jean ALBERT. Et juste avant Guy BOURGUIGNON, Fred MELLA, Jo FRACHON et l’autre Lyonnais de l’ensemble Gérard SABBAT.

    Recommandé à LIEBARD par son assistant, le moniteur de chant Jean VERLINE, c’est aussi pour se soustraire au Service du travail Obligatoire (le STO) que celui qui s’appelle encore Henri LANCELOT va changer de nom en ces temps de guerre. Associé à un patronyme d’emprunt, celui de LAUNAY, il n’imagine sans doute pas encore que ce prénom d’Hubert lui restera. Sans doute valait-il mieux se montrer précautionneux en cette fin d’année 1942, les Nazis ayant choisi d’occuper la métropole lyonnaise et de mettre un terme à ce qu’on appelait alors la zone Nono (non occupée), un endroit où chacun se devait d’observer la plus extrême prudence. D’autant qu’à quelques centaines de mètres de la Villa du Point du Jour, s’étaient installés les sbires du tortionnaire SS Klaus BARBIE et du milicien Paul TOUVIER et que les jeunes élèves de LIEBARD comptaient parmi eux quelques jeunes gens qui étaient Juifs ! Fils d’entrepreneur, celui qui est par la suite devenu le Hubert de la bande avait d’autres qualités… Il mêlait par exemple à l’ensemble de ses autres compétences un certain talent culinaire qu’il tenait de ses origines lyonnaises. Cela pour le plus grand plaisir de ses autres partenaires et de leur future maisonnée héroïque de la rue de l'Université dans le VIIème arrondissement parisien. Ce qui n’empêchait pas cet ancien chef scout de la colline de Fourvières, que le théâtre avait tout d’abord failli ravir à la chanson populaire, de commettre un certain nombre de maladresses et de passer parfois pour un "rêveur". Un rêveur auquel il arrivait d’être d’une maladresse touchante, ce qui le rendait encore plus sympathique aux yeux de ceux qui aimaient les COMPAGNONS DE LA CHANSON. Personne de ceux qui ont eu la chance d’assister aux adieux des Compagnons à l’Olympia en 1983 n’ont oublié ce qui a longtemps passé pour être un gag en pleine représentation. Avec la couture de ce pantalon qui avait lâché et qui avait obligé Hubert à changer de vêtement sous les rires de ses partenaires. Jeune premier de la troupe, souvent timide et emprunté, cet éternel maladroit n’en conservait pas moins les faveurs de la gent féminine et si, très vite, il a trouvé à se marier, c'est aussi parce que Mireille COUTELEN, la Mimi des Compagnons, l’une des premières "Compagnonnes" des débuts, avait joint sa jolie voix à toutes les autres et qu’elle avait choisi, malgré les premières mises en garde de LIEBARD en février 1946, de rester avec Hubert et de suivre ceux qui deviendront les COMPAGNONS DE LA CHANSON.

    Doté d’une voix de baryton et d’un très joli timbre vocal, Hubert aurait même tout à fait pu faire autre chose au sein d'une chorale. Du moins, s’il avait davantage travaillé ses aptitudes vocales. D’autant que lorsqu’il est arrivé chez les COMPAGNONS DE LA MUSIQUE, à l’automne 1942, ceux-ci n’avaient pas encore de soliste attitré. Fred MELLA était encore instituteur à Annonay, en Ardèche, et Jean VERLINE, s’il faisait parfois office de soliste, n’en n’était pas le pivot que le jeune Alfredo MELLA dit Fred deviendra dès son arrivée. A plus forte raison après l’emprisonnement aux Baumettes de Jean VERLINE jusqu’à la fin 1943. 

    Le destin finira par faire de lui un excellent bras droit et, entre deux parties de tennis, un redoutable joueur de cartes auquel on doit aussi en qualité d’historiographe et de chroniqueur un Nous les Compagnons de la Chanson publié en 1989 chez Aubier/Archimbaud. Hubert brûlait depuis longtemps de conduire avec son ami Jean BROUSSOLLE un ouvrage. La disparition de son ami en 1984 ne lui permettra pas d’aller au terme de toutes ses envies. A regret, car on imagine sans peine ce qu’aurait pu donner le talent d’écriture de Jean mêlé aux notes, impressions et points de repère de son ami Hubert.Néanmoins, cette première biographie devancée par un autre ouvrage sur l’ensemble, celui de GASTON (Gaston raconte les Compagnons), est sans doute l’un ses seuls ouvrages consacrés aux Compagnons qui évoque, avec beaucoup de pudeur, leur séparation et les derniers instants o combien difficiles vécus par certains d’entre eux sans oublier… ce trac des rentrées qui menace l’estomac du chanteur comme la crampe le côté droit du coureur ! Invité par Jean-Pierre FOUCAULT lors d’un Sacrée Soirée sur TF1 au moment de la sortie de ce Nous les Compagnons de la Chanson en 1989, Hubert souhaitait profiter du monde médiatique pour promouvoir une image à laquelle il restait attaché… Hélas ! Peu de ces médias lui donneront l’occasion de parler de son ouvrage et il en voudra à celui qui aimait à se présenter comme l’ami des Compagnons, un certain Michel DRUCKER, s’en prenant même à une sorte de parisianisme condamnable pour expliquer cette désaffection ! Alors que les Compagnons, ses COMPAGNONS DE LA CHANSON avaient écrit l'une des plus belles pages de la Chanson française, quarante ans durant !


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  • Marc HERRAND le confessait dans la courte préface qu'il avait bien voulu rédiger dans le livre hommage aux COMPAGNONS DE LA CHANSON de Christian FOUINAT : « C'était une époque où nous avions chacun notre prénom et un nom de famille commun qui s'écrivait Compagnon de la Chanson, une époque qui, sans conteste, a marqué ma vie car j'y ai laissé une part de moi-même ». Une sacrée part qu'il aura du mal à laisser de côté en mars 1952 après avoir décidé de suivre la destinée d'Yvette GIRAUD dont il était tombé amoureux. Ce qui lui vaudra longtemps une injuste mise à l'écart pendant laquelle seuls les FRACHON lui resteront fidèles.
    C'est d'autant plus vrai que Marc, pianiste émérite, a assumé la lourde tâche de succéder à Louis LIEBARD au moment de la création définitive des COMPAGNONS DE LA CHANSON en février 1946. De son vrai nom HOLTZ, né le 9 mai 1925 en Alsace, on peut dire de celui qui "savait peindre avec les voix en créant des ambiances sonores" qu'il est l'un des premiers arrangeurs-né du groupe puisqu'on lui doit notamment Les trois cloches écrite par le Suisse Gilles-Jean VILLARD. Un succès qui en appellera bien d'autres tant le talent musical inventif et une direction musicale rigoureuse de Marc HERRAND sont reconnus : Dans les prisons de Nantes, Le roi a fait battre tambour (voir extrait dans un article diffusé ici en juillet 2007), Les marins de notre ville, Douce nuit, Les cavaliers du ciel, La complainte du Roy Renaud, Aux marches du palais, J'aimais une sirène, Impressions d'Angleterre... La liste est longue !
    En 1941, avant que les COMPAGNONS DE LA CHANSON voient le jour, l'époque était grave... Il fallait fuir les Nazis et Strasbourg, éviter l'embrigadement dans les jeunesses hitlériennes promis à de nombreux alsaciens et donc trouver une nouvelle terre d'asile... L'asile, après une courte escapade en Périgord, ce sera le repaire du Point du Jour à Lyon où sous la baguette de Louis LIEBARD, grand spécialiste du chant choral, Marc repéré par Jean VERLINE se formera rapidement aux rudiments de la création. Tout ira ensuite très vite et lorsque le moment sera venu pour la plupart des COMPAGNONS de la MUSIQUE de devenir des COMPAGNONS de la CHANSON, Marc HERRAND prendra la place du Chef Louis LIEBARD pour les arrangements musicaux et leur mise en place, devenant le Premier Directeur Musical du groupe. On lui doit d'avoir réussi à sortir du classicisme des quatre voix égales et d'avoir opté pour des idées nouvelles dans le domaine des harmonisations. Une tâche dont on peut mesurer toute la difficulté, sachant que la grande majorité de ses partenaires n'avaient pas de culture musicale ni de connaissance du solfège et qu'ils travaillaient à l'oreille. Comme se plait à le rappeler Fred MELLA dans ses Maîtres enchanteurs, Marc HERRAND, qui vit actuellement à Strasbourg est un vrai musicien, une "grande pointure".
    Beaucoup l'ont revu avec plaisir accompagné de son épouse Yvette GIRAUD à l'occasion de l'inauguration de la Place des Compagnons de la Chanson à Lyon à l'automne 2002 puis lors de la présentation et de la sortie de l'ouvrage hommage de Christian FOUINAT, enfin à Cran Gevrier où il avait accepté de présenter aux côtés de Jean-Jacques BLANC l'ouvrage consacré aux COMPAGNONS DE LA MUSIQUE... Jean-Jacques lui rend d'ailleurs hommage dans celui-ci en énumérant les "trouvailles" dont il s'est servi pour valoriser les créations de ses partenaires ! Un homme exceptionnel qui a le sens du collectif. Il l'a d'ailleurs montré à plusieurs reprises et sans lequel les COMPAGNONS DE LA CHANSON n'auraient sans doute pas accroché aussi rapidement autant de succès à leur répertoire. 
    Christian FOUINAT l'avait évoqué : « La route enchantée », l'ouvrage biographique de Marc HERRAND et de son épouse Yvette GIRAUD a été publié aux Editions du Signe à Strasbourg en 2005 (B.P. 94 – 67038 STRASBOURG Cedex 2 – Tél: 03.88.78.91.91) juste avant la sortie de Mes maîtres enchanteurs en 2005. Comme l'a souligné un critique, ce livre qu'ils nous proposent à deux ressemble plus à un recueil de voyages qu'à une véritable autobiographie. Et il enchante parce qu'il dégage, loin des tumultes du showbiz, une sérénité qu'on aimerait découvrir plus souvent dans ce type de livre. Une page vient de lui être consacrée que vous pourrez dorénavant retrouver sur Eklablog dans la galerie des aînés émérites.

     

    Un portrait lui a été consacré en 2014 : Marc HERRAND, un inoubliable grand Monsieur de la Chanson française, ISBN n° 978-2-918296-29-4 


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  • S'il fallait ajouter aux nombreuses années passées au sein des COMPAGNONS DE LA CHANSON celles passées au sein des COMPAGNONS DE LA MUSIQUE, ce serait notre ami Jean-Louis JAUBERT qui obtiendrait le pompon du moussaillon qui s'est le plus impliqué ! Qu'on en juge :
    Jean-Louis JAUBERT, d'octobre 1941 à février 1985 : 43 1/2 ans
    Hubert LANCELOT, de septembre 1942 à février 1985 : 42 1/2 ans
    Fred MELLA, de septembre 1943 à février 1985 : 41 1/2 ans
    Jo FRACHON, de janvier 1945 à février 1985 : 40 ans
    Gérard SABBAT, de juin 1945 à février 1985 : 39 3/4 ans
    René MELLA, de septembre 1950 à février 1985 : 34 2/3 ans
    Jean-Pierre CALVET, de septembre 1956 à février 1984 : 27 1/2 ans

    Guy BOURGUIGNON, de septembre 1943 à décembre 1969 : 26 ans
    Jean BROUSSOLLE, de mars 1952 à décembre 1972 : 20 1/2 ans
    Jean ALBERT, d'octobre 1941 à septembre 1956 : 15 ans

    GASTON M. CASSEZ, de janvier 1973 à février 1985 : 12 ans
    Marc HERRAND, d'octobre 1941 à mars 1952 : 10 1/2 ans
    Paul BUISSONNEAU, de juillet 1946 à septembre 1950 : 4 1/4 ans
    HIRLE, plusieurs intérims (G. SABBAT et Jo FRACHON) sur un peu plus d'une année

    Paul MERY, de février 1984 à février 1985 : 1 an
    Jean DRIANT, d'avril à juin 1946 : 1/4 d'année

    De quoi situer la performance ! Mais une question subsiste, importante pour les puristes et les historiens attachés à une parfaite exactitude des faits : fallait-il y inclure René LAMOUREUX (photo ci-dessous) ? N'a-t-il pas été Compagnon de la Chanson une soirée en remplacement de Marc HERRAND alors qu'ils se produisaient au célèbre Club des Cinq en 1946 ? Sans aucun doute, surtout quand on sait quel artisan il aura été dans la rencontre de Paul BUISSONNEAU et des anciens COMPAGNONS DE LA MUSIQUE de l'équipe de représentation ! Il nous semblait logique au vu de ce constat de prévoir, au moins pour l'autre René de l'ensemble, un article biographique auquel les visiteurs pourront désormais accéder en venant nous rendre visite ici sur ce site des Marchands de bonheur. Faute de trouver son profil avec les seize autres.
      
    UN RAPPEL : Les notices biographiques de chacun de ces seize Compagnons sont désormais accessibles en bas de page d'accueil sous le trombinoscope récapitulatif, grâce à un lien.


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  • On le sait après avoir lu les multiples ouvrages consacrés aux COMPAGNONS DE LA CHANSON et à Edith PIAF, Guy BOURGUIGNON avait croisé les yeux verts de Ginou RICHER sur les Champs-Elysées à Paris avant d'oser la lui présenter... Guy, né à Tulle en Corrèze le 27 juillet 1920, troisième basse des Compagnons auquel on prêtait de nombreuses conquêtes était pourtant tout sauf un séducteur ! Même si on avait tendance à le prendre pour un don Juan car il ne laissait pas la gent féminine indifférente et il appréciait le jupon...

    Distrait, brillant, parfois gaffeur, sachant parler la langue de Shakespeare comme personne (un véritable éclat de rire s'il faut en croire ses partenaires), il était doté d'un certain sens artistique. Très entier, sans concession, ses coups de gueule avec Paul BUISSONNEAU et le Chef LIEBARD ont contribué à sa réputation. Il disait haïr la bêtise et l'hypocrisie...

    Il prendra très vite en charge tous les aspects de la mise en scène du groupe où chacun savait ce qu'il avait à faire. Egalement caméraman de talent et décorateur, ce fils de banquier ami d'enfance d'Eric ROHMER à Tulle aurait pu faire carrière dans le cinéma et y réaliser des films, mais ce sera finalement au sein des COMPAGNONS DE LA CHANSON qu'il trouvera sa voie après avoir croisé Jean-Louis JAUBERT au hasard d'un chantier de jeunesse en 1941 : Jeunesse et Montagne. Il reste à propos de ses aptitudes cinémato-graphiques un film consacré aux tournées entreprises par le groupe à travers le monde et illustré par un commentaire de Françoise DORIN : « Quarante mille kilomètres avec les Compagnons de la Chanson » qui a connu les honneurs de la télévision* et où Guy a eu l'occasion de montrer toute l'étendue de ses compétences et quelques autres piges moins connues. Comme celle menée aux côtés du réalisateur Marcel CAMUS dans Orfeu Negro. Ou comme sa collaboration avec l'équipe d'une célèbre émission de la télé d'avant : Voyage sans passeport. Une émission où seront diffusés plusieurs films réalisés par Guy au Brésil en 1958. Pour la petite histoire, on n'oubliera pas qu'il est également l'un des créateurs du bulletin "Positions" qui, en 1946, traçait la voie à emprunter...  Juste avant le départ des Compagnons pour leur première tournée aux Etats-Unis ! Une publication dont on peut regretter qu'il n'y ait eu aucune suite. A coup sûr l'homme était un créatif et ses vues s'opposaient parfois aux thèses défendues par Edith PIAF ! 

    Comme le souligne Jean BOUSSOLLE dans un hommage paru peu après sa disparition, Guy aimait à être le premier partout. Le premier à monter dans un avion pour s'y installer, le premier à être démaquillé et à partir... Quelquefois présenté comme rêvant d'évasion, celui que Jean-Louis JAUBERT avait surnommé affectueusement "Dents de lapin" était, semble-t-il, attiré par le Moyen-Orient. Il n'aura hélas pas l'occasion d'approfondir le sujet. 

    Excellent musicien, capable d'être aussi bien à la batterie lors d'un Temps des étudiants de l'ami Jean BROUSSOLLE qu'un virtuose des castagnettes dans La Costa Brava, voire encore au tambour dans Les Ecossais, ou à la contrebasse comme dans Les Perruques, sa voix basse de choriste accompli a, de l'avis de certains observateurs, indiscutablement manqué à ses partenaires après sa disparition en décembre 1969. Il repose à Tourette-sur-Loup.

     

    * Cinq colonnes à le une

    Guy, le séducteur

    (Doc publié dans GUY BOURGUIGNON, le COMPAGNON DE LA CHANSON PERIGOURDIN de Louis PETRIAC) 


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  •   Animation Flash



    A l'évidence, le film d'Olivier DAHAN aura marqué la sphère des COMPAGNONS DE LA CHANSON ! Qui pourrait en douter au moment où l'on revient sur les faits marquants de l'année 2008 ! D'abord parce qu'il aura permis la reconnaissance d'un talent avec l'oscar obtenu par Marion COTILLARD à Hollywood pour sa composition dans LA VIE EN ROSE. Mais aussi parce que LA MOME (le nom français du film) aura permis de faire à nouveau parler des COMPAGNONS ! Rappelez-vous, c'est en effet au moment de la sortie sur les écrans français du film d'O. DAHAN que le livre de Fred MELLA, Mes maîtres enchanteurs a été publié chez Flammarion (fin 2006, début 2007), suivi le 10 mars 2007 par la création de cet espace sur le net et la publication par Christian FOUINAT de son travail sur les COMPAGNONS DE LA CHANSON ! 

    L'oscar obtenu par Marion sur lesquels reviennent ces extraits vidéo est aussi une récompense destinée à sanctionner plusieurs compétences. Et pas seulement en évoquant la prestation d'un maquilleur (Didier LAVERGNE) mais celles d'une actrice qui, vous l'avez vu ou vous le verrez en cliquant sur le lien, a donné une certaine dimension à son travail. Avec son envie de donner vie à ce personnage de PIAF sans chercher à l'imiter, elle espérait que le mélange des deux donnerait quelque chose... Marion COTILLARD aura réussi et notre hommage ici est donc tout à fait mérité même si d'autres images de la Grande Dame resteront à jamais pour nombre d'entre nous des images inoubliables, d'autres images. Celles que d'autres extraits vidéos  véhiculeront toujours !


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