• Jean Albert, l'incompris...

    Jean Albert, l'homme au talent incompris...Que sait-on au juste de Jean ALBERT en dehors de ce que l'on a parfois un peu trop rapidement affirmé ? Peu de choses finalement au regard de ce qu'était réellement l'homme !

    « Il fut un temps où j'ai ressenti un urgent besoin de m'exprimer seul en scène car, un soir, j'ai vu une hydre à neuf têtes et un seul corps et je me suis imaginé coupant ma tête. Mais je réalisai que sans corps, j'allais mourir. A partir de ce moment-là, j'ai suivi des cours de chant, de comédie et de danse. J'ai écrit des chansons, j'ai créé ma mise en scène, mes éclairages et mes costumes et grâce à tout ce travail personnel vous allez voir réunis mon corps et ma tête ». Ainsi s'exprimait Jean ALBERT, surnommé affectueusement "Le p'tit rouquin", lorsqu'il a eu en 1956 à justifier son départ des COMPAGNONS DE LA CHANSON pour tenter de voler de ses propres ailes, et auquel nous avions consacré ici un article voici déjà quelque temps.

    Mais tout de même, quel parcours que celui de cet homme que les Américains avaient failli nous enlever dès la première tournée du groupe au Play House Theater en octobre 1947 ! Le sachant célibataire endurci, on ira même aux States jusqu'à proposer à cet ancien enfant de la balle et artiste de cirque d'autres challenges. Et certains iront jusqu'à le comparer, physiquement, à l'un des durs d'Hollywood : l'acteur James CAGNEY. A tel point que le courrier du coeur d'un journal ira même jusqu'à le présenter comme un séducteur impénitent ! Ce qu'il n'était pas à entendre Mimi LANCELOT. "S'il y avait des séducteurs chez les Compagnons, précise-t-elle, il n'en faisait pas partie à l'inverse de Jean-Louis, de Fred ou, plus tard, de Jean BROUSSOLLE. Et il n'était pas de ceux qui auraient pu s'afficher avec des femmes passant pour être des pin'up ou des pointures ! Certes, c'était un marrant et, avec ses cheveux rouquins, il ne passait pas inaperçu, mais peut-être parce qu'il avait aussi une sorte de présence magnétique !"


    Comme l'a souligné Roger BRIAND de Radio-Canada, la vocation naît brutalement avec la violence passionnelle du coup de foudre ! Et faire cavalier seul après avoir connu le travail d'équipe s'avère parfois difficile. Après solitude, déception, courage, amour de la chanson se sont mélangés au fil des jours qui auront poussé Jean ALBERT à le partager en instituant un cours d'interprétation. Avant qu'il remonte en scène, seul, pour y donner un spectacle écrit et composé par lui... 

    Yvon GODBOUT, son pianiste, et nous l'avons déjà évoqué, témoigne lui aussi des nombreuses qualités de notre "tache de soleil", le surnom que lui avait donné Edith PIAF qui, contrairement à ce que l'on a parfois affirmé, était doté d'une belle voix de ténor lyrique. Pour Yvon, notre P'tit rouquin" était aussi un homme affable et très spirituel, des traits de caractère qu'on aurait presque du mal à déceler en prenant connaissance des informations publiées sur lui qui le présentent parfois comme un homme solitaire et sans doute incompris de la plupart des autres. Il est probable que le rôle qui était le sien au sein des COMPAGNONS de la CHANSON ne lui permettait pas de s'exprimer comme il l'aurait voulu lui, l'acrobate-prestidigitateur-jongleur ! Car, il ne faut pas oublier que c'est dans les milieux du cirque que Jean ALBERT avait acquis les rudiements de son art dès son adolescence ! Ce qui expliquait que ses talents s'accomodaient davantage des principes de la Chanson animée... Dans des succès comme Perrine était servante ou Le cirque, son talent éclate d'ailleurs au grand jour. Auteur, compositeur et metteur en scène de spectacle dans la plus pure tradition des grands cirques, son objectif était de divertir et le public se réjouissait de voir une telle démonstration d'énergie et de jeu réunis en un seul homme. D'autant qu'il était capable tout aussi bien de chanter en sept langues différentes que de rendre hommage à Edith PIAF dont il aimait reprendre Les amants ou Les trois cloches. 

    Gilbert GAGNON, producteur, qui a également été le régisseur du 2ème Festival d'art pyrotechnique de Montréal a lui-même rencontré notre "petit rouquin" durant l'été 1981 au Kiosque International puisqu'il a eu l'occasion de superviser et de diriger la régie du spectacle. Pour lui, Jean restera une légende vivante hors de son temps. C'était quelqu'un qui venait d'une époque où seuls les artistes de renom sortaient victorieux des feux de la scène.

    La publication de l'ouvrage consacré aux COMPAGNONS DE LA MUSIQUE dont Jean a fait partie entre la fin 1941 et février 1946, est arrivé en 2008 à point nommé pour que l'on profite de l'occasion de rendre hommage à un homme qui aurait dû avoir un destin différent de celui qui a été le sien. Mais notre "p'tit rouquin" aurait-il vraiment été l'artiste avec un grand A qu'il était sans cette "galère" qu'il a traversée et lot de tous les artistes d'exception ?

     

    Jean ALBERT photographié ci-dessous avec les enfants LIEBARD. Encore aujourd'hui, ils se souviennent de cet homme inoubliable !



    « C'était le 19 oct 2002... Le Progrès de Lyon fonctionnait encore !L'hommage de la Belgique aux Compagnons »

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  • Commentaires

    1
    corailler
    Mercredi 13 Mai 2015 à 17:41
    Merci pour cet article interressant sur Jean Albert ***
    2
    Mercredi 13 Mai 2015 à 17:46

    De rien Michel. Bonne soirée !

    3
    Mercredi 27 Mai 2015 à 09:35

    Je veux bien admettre que Jean Albert possédait de nombreuses qualités scéniques : Pour la voix de ténor lyrique : Il faudra trouver un autre qualificatif !

    Car, à l'écoute de sa lamentable  production dans le super 45 tours qu'il enregistra seul; s'il est un ténor lyrique, je suis Roberto A la noix !

    4
    Jeudi 28 Mai 2015 à 08:17

    Désolé ! C'est l'avis d'Yvon Godbout et je n'ai fait que le retranscrire. Encore qu'à propos de Jean Albert, il y ait beaucoup d'avis contraires. Peut-être qu'au moment de cet enregistrement, les conditions n'avaient pas été idéales. N'oublions pas que sur la fin, Jean avait beaucoup dégringolé et un homme qui a dégringolé peut aussi tomber au niveau de sa production.

    5
    Jeudi 28 Mai 2015 à 10:31

    Bonjour Louis.

    Je sais très bien que ce n'est pas ta propre opinion et que tu as simplement retranscrit l'avis de Yvon Godbout, l'auteur de l'article, qui sur le coup à perdu de la hauteur et le bout du bout.

    A moins de n'avoir jamais entendu un véritable ténor lyrique, au préalable, il aurait du consulter la "Tante Estelle" car ce petit a également perdu l'oreille (absolue ?).

    Notre Jean Albert, était certainement dégringolé bien bas,  il n'a d'ailleurs jamais autant mérité son surnom de " p'tit rouquin", car là, il était carrément rendu à la cave !

    Amitiés

    JP

     

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